Si le Petit Chaperon Rouge avait été écrit par Quentin Tarantino

L’histoire aurait été légèrement plus sanglante.

Chapitre 1 : La funeste livraison

 

Il était une fois une petite fille de village que tous appelaient le Petit Chaperon Rouge. Chaque jour, elle portait la même tenue : une robe faite du tissu ensanglanté de son père mort déchiqueté devant ses yeux quand elle était encore bébé.

 

Un jour sa mère, lui dit : « Va voir comment se porte ta mère-grand, car j’ai vu sur Facebook qu’elle était en train de crever. Et puis, apporte-lui cette bouteille de whisky et ce petit pot de cocaïne”.

 

Le petit Chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand. En passant dans un bois elle rencontra compère le loup, au volant de sa voiture, qui eut bien envie de la manger. Mais il n’osa, à cause de 8 bûcherons qui étaient dans la forêt et qui avaient une allure de salopards.

 

Il lui demanda où elle allait. La pauvre enfant, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à palabrer avec un loup, lui dit : « Je vais voir ma mère-grand, et lui porter ces choses que ma mère lui envoie ».

 

Elle habite loin cette vieille carcasse ? lui dit le loup.

Oh ! oui, c’est par-delà le moulin de la Chartreuse que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village.

Hé bien, je peux t’y déposer.

Oh ! Sans façon, je préfère y aller en marchant.

– Quel dommage, tes pieds sont si mignons, faudrait pas les abîmer. Tant pis, je lui dirai adieu de ta part.

 

Le Petit Chaperon Rouge fut pris d’un doute. En voyant le loup partir dans son pick-up jaune, elle remarqua  qu’à l’arrière était collé un sticker « Pussy Wagon ».

 

Chapitre 2 : A la poursuite du diable

 

Le passé la gifla en un instant. “Pussy Wagon” étaient les derniers mots que son père lui avaient susurrés à l’oreille avant de mourir. Elle en était persuadée, c’est ce loup qui l’avait tué ! Et sa mère-grand serait la prochaine sur la liste si elle n’arrivait pas avant l’animal.

 

Tandis que le Petit Chaperon Rouge courait à en perdre haleine, le loup ne mit guère longtemps à arriver à la maison de la mère-grand. Il toqua à la porte.

 

Qui est là ?

C’est votre petite-fille, le petit Chaperon rouge, qui vous apporte une bouteille de whisky et un petit pot de cocaïne que ma mère vous envoie dit le loup, en contrefaisant sa voix.

– Tire la chevillette, la bobinette cherra » dit la bonne mère-grand, qui était dans son lit car elle se trouvait bien mal en point.

 

Le loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme et l’avala d’un coup ; car il y avait plus de trois jours qu’il n’avait pu manger, la faute à un Big Kahuna Burger fait de viande avariée. Ensuite, il ferma la porte et alla se coucher dans le lit de la mère-grand, en attendant le petit Chaperon rouge, qui quelque temps après vint se heurter à la porte.

 

Qui est là ? dit le loup.

 

Voyant que le pick-up « Pussy Wagon » n’était pas là et que le chien « Reservoir » montait la garde, le Petit Chaperon Rouge pensa que le loup s’était perdu et que sa mère grand était sauve.

 

C’est votre fille le petit Chaperon rouge, qui vous apporte une bouteille de whisky et un petit pot de cocaïne que ma mère vous envoie.

Tire la chevillette, la bobinette cherra lui dit le loup d’une voix douce.

 

Chapitre 3 : Le sang froid et le sang chaud

 

Le petit Chaperon rouge s’approcha de sa mère grand et lui dit :

 

Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles !

C’est pour mieux t’écouter, mon enfant.

Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !

C’est pour mieux te voir, mon enfant.

Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents !

C’est pour mieux te manger ! hurla la bête.

 

Le loup se jeta sur le Petit Chaperon Rouge et d’un seul coup de croc, lui arracha le bras gauche !

 

Toi !!!! Tu as tué mon père enfoiré !

En venant ici, tu as franchi la ligne jaune annonça le loup.

Quand je t’aurais dézingué, la seule ligne jaune qu’on verra sera sur ta gueule et sentira la vieille pisse moisie.

Et comment tu comptes faire ça, manchotte ? dit le loup hilare en lui arrachant le deuxième bras.

J’vais te buter à coup de pieds.

 

Elle n’eut pas le temps de respirer que le loup lui dévora les deux jambes. Le corps tout entier du Petit Chaperon Rouge pleurait des litres de sang.

 

Femme tronc, tu es la prochaine à mourir sur ton arbre généalogique dit le loup.

 

Sans bras ni jambe, le Petit Chaperon Rouge était fichue. Le loup s’approcha d’elle en ricanant, sa fin était proche.

 

Quelque chose à dire avant de mourir ? dit le loup.

Non ! dit le Petit Chaperon Rouge

Moi oui ! dit la mère grand encore vivante dans l’estomac du loup.

HEIN ?! s’exclama le loup.

Tire la gâchette et la tête explosera ! assena la vieille dame.

 

A l’aide de son canon scié de poche, la mère grand explosa la boîte crânienne du loup et s’échappa de sa carcasse dégoulinante de sang et de morceaux. Une fois libérée et sauvées, elle ne prit pas sa petite fille dans ses bras car celle-ci n’en avait plus. Mais, ensemble, elle célébrèrent la vie en buvant du whisky et snifant des rails de coke.

 

FIN